La résine du chanvre contient d’autres familles de molécules que les cannabinoïdes. Les terpènes donnent son odeur à chaque variété, et les flavonoïdes appartiennent à la grande famille des pigments végétaux. Cet article présente ces deux familles, la façon dont la plante les fabrique et ce qu’elles deviennent au séchage, au stockage et à la distillation.
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Ce qu’est un terpène
Les terpènes sont construits à partir de briques de cinq atomes de carbone. Deux briques donnent un monoterpène, à dix carbones, comme le myrcène ou le limonène ; trois briques donnent un sesquiterpène, à quinze carbones, comme le bêta-caryophyllène. La plante assemble ces briques en géranyl pyrophosphate ou en farnésyl pyrophosphate, que des enzymes, les terpène synthases, transforment ensuite en une grande variété de molécules.

Le géranyl pyrophosphate sert aussi à fabriquer le CBGA, le précurseur des cannabinoïdes présenté dans notre article sur le CBG. Terpènes et cannabinoïdes partagent donc une partie de leur chemin, comme le montre notre guide des cannabinoïdes du chanvre.
Les terpènes du chanvre
Dans le chanvre, les terpènes se forment dans les trichomes glandulaires, dans la même résine que les cannabinoïdes. Plus de 150 terpènes différents ont été décrits dans la résine de cannabis, et une revue de 2020 recense plus de 200 composés volatils selon les génotypes.
Quelques-uns reviennent presque partout. Le myrcène, le bêta-caryophyllène et l’alpha-humulène sont présents dans la plupart des variétés ; l’alpha-pinène, le limonène et le linalol sont eux aussi courants, et le terpinolène abonde dans certaines. Leur combinaison donne à chaque fleur son odeur, ce que l’on remarque en comparant deux variétés de fleurs CBD.

Ces molécules sont volatiles, mais pas toutes au même degré. Le myrcène bout vers 167 °C, le limonène vers 176 °C, le linalol vers 198 °C et le bêta-caryophyllène vers 256 °C : les monoterpènes s’évaporent plus facilement que les sesquiterpènes.
Ce que le séchage et le stockage leur font
Le séchage fait perdre une partie des terpènes, et davantage de monoterpènes que de sesquiterpènes. Dans une étude de 1996, le rendement en huile essentielle d’une même fleur passait de 0,29 % à l’état frais à 0,20 % après une semaine de séchage à l’air, puis à 0,13 % après trois mois de stockage. Dans le même temps, la part du myrcène dans cette huile reculait nettement et celle du bêta-caryophyllène augmentait.

Le stockage prolonge cette évolution. Une étude de 2020 qui a suivi des fleurs et des extraits pendant un an a constaté une baisse rapide des terpènes dans toutes les conditions testées, de −80 °C à la température ambiante. La chaleur qui décarboxyle les cannabinoïdes, décrite dans notre article sur les formes acides, fait aussi s’évaporer les terpènes les plus légers. Notre article sur la conservation des produits CBD donne les gestes qui limitent ces pertes.
Point de vigilance
Les terpènes s’évaporent facilement : un flacon ou un bocal laissé ouvert perd une partie de son odeur. Le refermer après usage et le garder à l’abri de la chaleur limite ces pertes.
Terpènes, extraction et distillation
Les procédés d’extraction n’emportent pas les terpènes de la même façon. Une étude de 2024 a comparé plusieurs méthodes : l’hydrodistillation donnait la plus grande diversité de terpènes, le CO₂ supercritique les plus fortes concentrations de cannabinoïdes, et l’éthanol la plus grande part de cannabinoïdes acides.
La purification modifie encore le profil. La winterisation retire surtout les cires et les graisses, et la distillation sépare les composés selon leur volatilité ; les terpènes, bien plus volatils que les cannabinoïdes, ne suivent pas le même chemin qu’eux. Une revue de 2020 note qu’obtenir une huile contenant l’ensemble des terpènes naturels de la plante est presque impossible, et que certains fabricants séparent les terpènes pour les réintroduire ensuite dans le produit fini. Notre article sur Full Spectrum, Broad Spectrum et isolat explique ce que ces étapes changent aux spectres.
Les flavonoïdes et les cannflavines
Les flavonoïdes forment une grande famille de pigments végétaux, bâtis sur un squelette de quinze atomes de carbone : deux cycles aromatiques reliés par un troisième. Une vingtaine ont été identifiés dans le chanvre, surtout des flavones et des flavonols comme l’apigénine, la lutéoline, le kaempférol et la quercétine, sous forme libre ou liés à des sucres.
Le chanvre possède aussi des flavonoïdes caractéristiques, les cannflavines. Le nom a été proposé en 1985. Les cannflavines A et B ont été décrites en 1986 comme des flavones portant une chaîne géranyle ou prényle, et la cannflavine C en 2008.
En 2019, des chercheurs ont identifié leur voie de fabrication. La plante transforme la lutéoline en chrysoériol, puis une enzyme, la CsPT3, y greffe une chaîne géranyle pour donner la cannflavine A, ou une chaîne prényle pour la cannflavine B. La cannflavine A a aussi été signalée chez une autre plante, Mimulus bigelovii, alors que les cannflavines B et C ne sont connues que dans le chanvre.
Terpènes et flavonoïdes complètent le profil que dessinent les cannabinoïdes, et expliquent en partie pourquoi deux huiles au même pourcentage de CBD n’ont pas la même odeur. Nos huiles sont présentées sur la page huiles CBD, dont l’huile Chanvre, formulée sur huile de graines de chanvre.
Notre laboratoire
Dans notre laboratoire de Gland, la winterisation se fait à −80 °C et la distillation en short path sous vide, deux étapes qui décident du profil final d’un extrait. Nos extraits bruts contiennent moins de 1 % de THC total, et les taux de cannabinoïdes de nos huiles sont contrôlés régulièrement par un laboratoire externe. Découvrir le laboratoire →
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un terpène ?
Une molécule construite à partir de briques de cinq atomes de carbone. Les monoterpènes en comptent dix, les sesquiterpènes quinze. Dans le chanvre, ils se forment dans les trichomes, avec les cannabinoïdes, et donnent son odeur à chaque variété.
Quels sont les principaux terpènes du chanvre ?
Le myrcène, le bêta-caryophyllène et l’alpha-humulène se retrouvent dans la plupart des variétés. L’alpha-pinène, le limonène et le linalol sont aussi courants, et le terpinolène abonde dans certaines. La proportion de chacun varie selon la variété.
Les terpènes disparaissent-ils au séchage ?
En partie. Le séchage fait perdre surtout des monoterpènes, plus volatils que les sesquiterpènes. Dans une étude de 1996, le rendement en huile essentielle d’une fleur passait de 0,29 % à l’état frais à 0,13 % après une semaine de séchage puis trois mois de stockage.
Qu’est-ce qu’une cannflavine ?
Un flavonoïde caractéristique du chanvre. Les cannflavines A et B, décrites en 1986, sont des flavones portant une chaîne géranyle ou prényle ; la cannflavine C a été décrite en 2008. La plante les fabrique à partir de la lutéoline.
Une huile CBD contient-elle des terpènes ?
Cela dépend de l’extrait et du procédé. Un extrait Full Spectrum peut garder une partie des terpènes de la plante ; la distillation et la purification en retirent une grande partie, et un isolat n’en contient pas.



