THC et CBD+THC : ce que révèle une nouvelle étude clinique sur les réponses cardiovasculaires et respiratoires

Article scientifique THC et CBD+THC réponses cardiovasculaires et respiratoires étude clinique - The Green Lab

Introduction

La recherche sur les cannabinoïdes s’est longtemps concentrée sur le système nerveux central. Les données concernant leurs interactions avec le système cardiovasculaire et la mécanique respiratoire restent, elles, beaucoup plus rares. Une étude clinique randomisée, publiée le 27 août 2026 dans le British Journal of Clinical Pharmacology, apporte de nouvelles mesures sur ce terrain encore peu documenté.

Menée par une équipe brésilienne au sein d’un hôpital universitaire, cette recherche a comparé, chez dix-huit adultes en bonne santé, les réponses physiologiques observées après administration orale de THC seul, d’une association CBD+THC, ou d’un placebo. Fréquence cardiaque, débit cardiaque, résistances vasculaires, activité électrique des muscles respiratoires, oxygénation des tissus : les chercheurs ont mesuré simultanément une série de paramètres rarement réunis dans un même protocole.

Chez The Green Lab, laboratoire suisse installé à Gland depuis 2017, nous suivons la littérature scientifique consacrée au chanvre et à ses composés. Cet article présente la méthodologie et les résultats de cette publication de manière factuelle, sans en tirer de conclusion sur la santé ni sur l’usage de produits.


Une étude publiée dans le British Journal of Clinical Pharmacology

L’article, intitulé Acute effects of THC and a CBD+THC combination on cardiovascular haemodynamics and respiratory muscle activity during loaded breathing in healthy adults, est signé par Edna Karla Ferreira Laurentino, Marina Lyra L. C. Fagundes, Guilherme A. F. Fregonezi et leurs collaborateurs. Il est publié en accès libre sous le DOI 10.1002/bcp.70793 et enregistré au registre brésilien des essais cliniques (ReBEC, RBR-3jsvtbr).

L’étude a reçu une autorisation spéciale de recherche de l’ANVISA, l’agence sanitaire brésilienne, et a été approuvée par un comité d’éthique de la recherche. Elle a été financée en partie par la CAPES et le CNPq, organismes publics brésiliens de financement de la recherche.

Le point de départ : un manque de données humaines

Les auteurs rappellent en introduction que le système endocannabinoïde — composé des endocannabinoïdes 2-AG et AEA, des récepteurs CB1 et CB2, et des enzymes qui les produisent et les dégradent — n’est pas limité au cerveau. Ses composants sont également présents dans le système cardiovasculaire, les poumons et les vaisseaux pulmonaires, chez l’animal comme chez l’humain.

Malgré cette distribution large, les études humaines mesurant les réponses hémodynamiques et l’activité musculaire respiratoire après administration de cannabinoïdes restent peu nombreuses et leurs résultats hétérogènes. C’est ce vide que l’équipe a cherché à documenter.


Comment l’étude a été menée

Le principe est simple. Dix-huit adultes en bonne santé — neuf femmes, neuf hommes, 26 ans de moyenne d’âge — se sont rendus trois fois au laboratoire, à au moins 48 heures d’intervalle. À chaque visite, ils recevaient l’une des trois préparations :

VisiteContenu de la prise
THC seul12,50 mg de Δ9-THC
CBD + THC12,50 mg de CBD + 12,50 mg de THC
PlaceboHuile neutre, sans cannabinoïde

À noter : ces quantités relèvent d’un protocole de recherche clinique encadré par une autorisation réglementaire spécifique délivrée par l’agence sanitaire brésilienne.

Personne ne savait ce qui était administré : ni les participants — qui portaient un masque sur les yeux et un pince-nez pour neutraliser l’odeur — ni les personnes chargées des mesures, ni le statisticien. L’ordre de passage était tiré au sort. Ce type de dispositif, appelé essai croisé en double aveugle, présente un avantage précieux : chaque participant sert de point de comparaison à lui-même.

La sélection était exigeante. Aucun médicament, aucune exposition au cannabis dans les six mois précédents, et une fonction pulmonaire vérifiée normale avant l’inclusion.

Le déroulement d’une séance

Assis, un embout buccal entre les lèvres, chaque participant enchaînait huit minutes : deux minutes de respiration calme, deux minutes en respirant contre une résistance — comparable à l’effort demandé pour souffler dans une paille étroite — puis quatre minutes de récupération.

Cette séquence était répétée trois fois par visite : avant la prise, puis une heure et deux heures et demie après. Ces deux moments correspondent à la fenêtre pendant laquelle des cannabinoïdes avalés produisent leurs effets les plus marqués.

Ce que les appareils enregistraient

Trois familles de mesures, toutes non invasives, tournaient en même temps :

  • Le cœur et la circulation, via des électrodes posées sur le thorax : fréquence cardiaque, quantité de sang éjectée à chaque battement, résistance opposée par les vaisseaux sanguins.
  • Les muscles de la respiration, via des électrodes placées sur le cou, le thorax et l’abdomen : intensité de l’activité électrique de quatre muscles sollicités lors de l’inspiration.
  • L’oxygénation d’un muscle de la cuisse, via un capteur à lumière infrarouge qui distingue l’hémoglobine chargée en oxygène de celle qui ne l’est plus.

S’y ajoutaient la tension artérielle, la saturation en oxygène et une échelle d’effort ressenti, relevées régulièrement.

Les résultats observés

Du côté du cœur et de la circulation

Les deux huiles ont produit une augmentation significative de la fréquence cardiaque par rapport au placebo, de l’ordre de 15 battements par minute au maximum au cours des interventions.

Dans la condition THC seul, le débit cardiaque — la quantité de sang propulsée chaque minute — a augmenté de façon significative, une et deux heures et demie après la prise. Dans le même temps, la résistance opposée par les vaisseaux sanguins diminuait, signe d’une circulation qui s’ouvre. Le volume de sang éjecté à chaque battement était, lui, plus élevé dans les deux conditions actives que dans les mesures de départ.

Les auteurs tiennent à replacer ces chiffres dans leur contexte : les augmentations mesurées, de 30 à 40 % pour le débit cardiaque et de 27 % pour le volume éjecté, correspondent à ce que l’on observe couramment lors d’un exercice physique léger à modéré. Ils précisent que ces variations, bien que statistiquement significatives, restent nettement inférieures aux ajustements observés lors d’un exercice aérobie, et les décrivent comme des adaptations physiologiques transitoires chez des adultes sains.

Du côté des muscles de la respiration

Dans la condition THC seul, les muscles du cou et de la cage thoracique qui participent à l’inspiration ont travaillé plus intensément pendant l’effort respiratoire, une et deux heures et demie après la prise. Le muscle abdominal mesuré, lui, n’a montré aucune différence.

Dans la condition CBD+THC, l’augmentation ne concernait que deux de ces muscles, avec un profil que les auteurs qualifient de plus atténué, proche de celui du placebo.

Les auteurs appellent ici à la prudence. Ce type d’électrodes capte un signal influencé par beaucoup de facteurs : les variations doivent être lues comme un indice indirect d’activation musculaire, et non comme la preuve d’un changement dans la commande nerveuse de la respiration.

Du côté de l’oxygénation des muscles

Le capteur infrarouge posé sur la cuisse a relevé, dans la condition THC, davantage d’hémoglobine chargée en oxygène et moins d’hémoglobine appauvrie, surtout pendant l’effort respiratoire et la récupération. À une exception près, ces variations sont restées sous le seuil de significativité statistique : les auteurs les décrivent comme une tendance, pas comme un résultat établi.

Ce que les participants ont ressenti

Un questionnaire standardisé, rempli avant la prise puis une et deux heures après, n’a mis en évidence aucune différence significative entre les trois conditions : toutes les valeurs sont restées dans la fourchette basse de l’échelle.

Concernant les symptômes déclarés : 76 % des participants n’ont rien signalé sous placebo. Dans la condition CBD+THC, 40 % ont rapporté de la somnolence, 20 % des vertiges, 10 % de la soif, 10 % des nausées, 7 % des difficultés de concentration et 3 % une vision trouble. Dans la condition THC seul, 35 % ont rapporté de la somnolence, 22 % des vertiges, 9 % une faim excessive et 4 % une soif importante. Aucun effet indésirable sévère n’a été rapporté.


Ce que les auteurs concluent — et les limites qu’ils posent

La conclusion des chercheurs est mesurée : l’administration aiguë de THC et de CBD+THC a produit des réponses cardiorespiratoires distinctes chez des individus sains, le THC seul générant un profil plus marqué, l’association CBD+THC un profil plus atténué.

Ils précisent immédiatement que l’effet propre du CBD ne peut pas être isolé, puisque le protocole ne comportait pas de bras CBD seul. Les autres limites énoncées sont nombreuses et méritent d’être citées :

  • Caractère aigu de l’étude, qui ne dit rien d’un usage prolongé.
  • Absence de mesures pharmacocinétiques : les concentrations plasmatiques n’ont pas été dosées, ce qui empêche d’évaluer l’exposition systémique réelle et les interactions entre composés.
  • Échantillon réduit (18 participants) et nature exploratoire de plusieurs critères secondaires.
  • Taille d’effet issue d’une étude pilote de cinq participants, qui a pu surestimer l’effet attendu.
  • Population homogène de jeunes adultes en bonne santé, rendant toute extrapolation à des personnes plus âgées ou présentant des troubles cardiovasculaires ou respiratoires hasardeuse.

Les auteurs appellent à des travaux complémentaires sur des échantillons plus larges et plus diversifiés.


Le système endocannabinoïde, un champ de recherche en expansion

Ce qui rend cette publication intéressante d’un point de vue scientifique, c’est la manière dont elle combine trois familles de mesures — hémodynamique, électromyographie et oxygénation tissulaire — dans un même protocole, à des instants précis, avec des instruments validés.

Les auteurs rappellent que le cannabidiol interagit avec plusieurs cibles non cannabinoïdes documentées dans la littérature : les canaux TRPV1, les récepteurs à l’adénosine A2A et les récepteurs PPAR-γ. Cette pluralité de cibles explique en partie pourquoi les cannabinoïdes font l’objet d’une attention croissante en pharmacologie, et pourquoi les modèles d’interprétation restent en construction.

Pour un laboratoire comme le nôtre, ce type de publication a une valeur documentaire : elle rappelle l’écart entre ce qui est mesuré en conditions expérimentales et ce qui peut être affirmé publiquement. C’est précisément cette rigueur qui structure notre approche de la transparence, des analyses de laboratoire et de la traçabilité de nos extraits.


Conclusion

L’étude publiée le 27 août 2026 dans le British Journal of Clinical Pharmacology documente des réponses cardiovasculaires et respiratoires distinctes après administration orale aiguë de THC et d’une association CBD+THC chez dix-huit adultes en bonne santé. Le THC seul a produit un profil physiologique plus marqué ; l’association CBD+THC un profil plus atténué, sans que la contribution propre du CBD puisse être établie.

Les auteurs eux-mêmes qualifient ces résultats d’exploratoires et énumèrent des limites substantielles : échantillon réduit, absence de dosages plasmatiques, population homogène, caractère aigu du protocole. C’est à ce titre qu’il faut lire cette publication : une contribution supplémentaire à un champ de recherche encore jeune, dont les conclusions demandent à être confirmées par des travaux de plus grande ampleur.

Un enseignement méthodologique se dégage toutefois de ce protocole, et il rejoint directement le travail d’un laboratoire d’extraction. La quantité de THC administrée était rigoureusement identique dans les deux conditions actives. Seule différait la présence du cannabidiol à ses côtés. Or les mesures relevées par les chercheurs — hémodynamiques, électromyographiques et tissulaires — ont dessiné deux profils distincts. Autrement dit, ce n’est pas une molécule isolée qui détermine les réponses observées, mais l’ensemble dans lequel elle s’inscrit et les proportions qui le composent.

Cette observation confirme ce que la littérature sur les extraits complets documente depuis plusieurs années : un extrait de chanvre n’est pas la simple addition de ses composants. L’équilibre entre les cannabinoïdes présents — CBD, CBG, CBC — et leur environnement de terpènes et de flavonoïdes constitue une caractéristique déterminante du produit fini, au même titre que sa concentration affichée. Deux huiles présentant un même pourcentage de CBD peuvent ainsi reposer sur des profils phytochimiques très différents.

C’est précisément la raison pour laquelle nous accordons autant d’importance à la composition de nos extraits et à la maîtrise des procédés qui la façonnent. La distillation fractionnée, utilisée pour la majorité de nos huiles, permet un profil purifié et stabilisé, une couleur claire et un goût plus doux. À l’inverse, notre X-Strong 45 % repose sur un extrait brut, non distillé, dont la richesse phytochimique complète explique sa couleur foncée et son caractère prononcé. Deux approches, deux équilibres, deux profils — et dans les deux cas, des analyses de laboratoire qui documentent précisément ce que contient chaque lot.

Nous continuons de suivre ces travaux et de les présenter tels qu’ils sont publiés. Pour découvrir notre démarche de laboratoire suisse, nos huiles CBD et nos fleurs CBD, rendez-vous sur notre boutique ou sur le blog The Green Lab.

Source : Laurentino EKF, Fagundes MLLC, Lobão Soares B, et al. Acute effects of THC and a CBD+THC combination on cardiovascular haemodynamics and respiratory muscle activity during loaded breathing in healthy adults: A randomized placebo-controlled crossover study. British Journal of Clinical Pharmacology, 27 août 2026. DOI : 10.1002/bcp.70793 — accès libre.


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FAQ

Qu’a mesuré exactement cette étude sur le THC et le CBD+THC ?

Trois choses en même temps, chez dix-huit adultes en bonne santé : le fonctionnement du cœur et de la circulation (fréquence cardiaque, quantité de sang propulsée, résistance des vaisseaux), le travail électrique de quatre muscles impliqués dans la respiration, et l’oxygénation d’un muscle de la cuisse. Chaque série de mesures a été réalisée avant la prise, puis une heure et deux heures et demie après.

Pourquoi les participants respiraient-ils contre une résistance ?

Le protocole utilisait un dispositif à seuil de pression réglé à 30 % de la pression inspiratoire maximale et 10 % de la pression expiratoire maximale. Cette charge servait à standardiser l’effort respiratoire entre les participants et à solliciter les muscles respiratoires de façon comparable. Les auteurs précisent que cette intensité a été choisie pour uniformiser les mesures, et non pour provoquer une fatigue musculaire.

Que signifie « étude croisée en double aveugle » ?

Dans un protocole croisé, chaque participant reçoit successivement toutes les conditions testées, ce qui permet de le comparer à lui-même et réduit la variabilité entre individus. Le double aveugle signifie que ni les participants ni les évaluateurs ne savaient quelle substance était administrée à quel moment. Ici, les participants portaient un masque oculaire et un pince-nez, et le statisticien est resté en aveugle jusqu’à la fin de l’analyse.

Quelles sont les principales limites signalées par les auteurs ?

Les auteurs en citent cinq : le caractère aigu du protocole, qui ne renseigne pas sur un usage prolongé ; l’absence de dosages plasmatiques, empêchant d’évaluer l’exposition systémique réelle ; un échantillon de dix-huit participants seulement ; une taille d’effet calculée à partir d’une étude pilote de cinq personnes, qui a pu surestimer l’effet attendu ; et une population composée exclusivement de jeunes adultes en bonne santé, ce qui limite toute extrapolation.

Qu’est-ce que le système endocannabinoïde ?

Il s’agit d’un ensemble physiologique composé d’endocannabinoïdes produits par l’organisme (2-AG et AEA), de récepteurs cannabinoïdes de type CB1 et CB2 présents dans de nombreux types cellulaires, et des enzymes qui synthétisent et dégradent ces molécules. Les auteurs de l’étude rappellent que ses composants ne sont pas limités au système nerveux : ils sont également présents dans le système cardiovasculaire, les poumons et les vaisseaux pulmonaires, chez l’animal comme chez l’humain.

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